Le silence des coquillages

Publié le par Camille Butterfly


Ce matin je me suis enfui.
J'ai éclaté l'atmosphère de la lassitude. Au pays de l'immensité je suis parti.

Là, sur le bord de la plage happé par le vide, j'ai goûté l'harmonie.
Dans les airs, j'étais le sable, la mer, le vent, le soleil.
Figé dans l'infini, j'ai connu la Création.

De naissances en morts, j'ai vécu les tempêtes, la joie et l'ennui. J'ai buté sur la destinée indomptable, emporté par le tourbillon de l'existence, désorienté par les désirs. L'esprit somnolant entre les pensées.

Vie attachée à contresens, pour enfin trouver l'indescriptible.

Ce vaste océan de néant d'où émane continuellement la mélodie porteuse de vie, comme des notes jouant le jeu de se marier en accord parfait, et rythmant joyeusement les éléments, si doucement qu'on croirait la chose facile.

Tant de simplicité pour tant de beauté. Le Miracle s'accomplit.

À mes oreilles sourdes je prie qu'elles soient, à mes yeux aveugles j'implore qu'ils s'ouvrent, pour à tout jamais être empli du spectacle de l'univers.

Mais déjà le ciel s'assombrit. J'entends mon corps frémir, la tension se fait, vais-je le supporter ?
L'espace se rétracte en son centre, c'est fini.
Point invisible soutenant pourtant le monde, qui m'échappe encore.

Porte, quand t'ouvriras-tu ? Quel est le secret pour demeurer ?

Sur la plage je suis maintenant l'intrus. Le sable, la mer, le vent et le soleil me regardent.
Tour à tour amis et ennemis pour mon être, je me heurte à leur nature.
Ce mystère qui me contient.

Je pleure abandonné comme ce coquillage à mes pieds, rejeté par l'océan après avoir grandi en son sein et connu sa profondeur. Maintenant délaissé de tous sans intérêt.

Je le prends dans mes mains tendrement. Soudain, le vent s'emballe dans ses rondeurs. Une douce mélodie s'évade de son être puis disparaît.
Quelques secondes de merveille m'ont suffit à reconnaître ce son inoubliable, créateur de toutes vies. Mon espoir, ma quête, ma raison de vivre, la clé des mystères. Il était là entre mes mains simplement.

Je colle mon oreille. Des profondeurs du coquillage j'entends maintenant la mer.
Forme vide contenant le tout. À travers son silence exulte l'immensité qui lui a donné vie.

Une vague me chatouille les pieds, la mer me sourit, heureuse de m'avoir offert son petit trésor.
Je le porte à mes lèvres et souffle timidement dans sa cavité. Des millions d'étincelles s'en échappent pour s'envoler de par le ciel illuminant le monde.

J'avais enfin trouvé le secret attendant patiemment d'être exprimé…


Publié dans Pensée

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mokadem 13/03/2010 10:58


la poésie le mal de mer les mots sont le fond sans forme comme un chose dont tout le monde parlent mais que sa beauté et ses fondements laisse a désiré
beaudelaire feu , et ses flammes sont comme empire aboulit par une modernité
 machinale


Estelle 15/01/2010 12:55



Bonjour, je me présente: Estelle, de la revue littéraire en ligne l'Effeuillée.
J'espère que ce message te parviendra  malgré toutes tes autres occupations.


J'ai découvert ton blog et j'ai beaucoup apprécié  ton style d'écriture,
l'esprit de conte que l'on retrouve dans la plupart de tes écrits, l'atmosphère de rêverie que tu y fais régner. En tant que responsable de la recherche de nouveaux auteurs pour notre revue, tes
créations m'intéressent : j'aimerais savoir si tu serais tentée par une publication.
L'Effeuillée est une revue un peu particulière :
entièrement virtuelle (aucune édition papier n’existe), elle paraît tous les mois environ, envoyée sous la forme d’un fichier informatique à nos abonnés et disponible sur le site Internet
(www.leffeuillee.com). Cela, plus le fait que nos auteurs sont bénévoles et amateurs, en fait une tribune d’expression artistique pour ceux qui souhaitent se faire lire sans passer par les
circuits normaux de l’édition.


Les récits que nous publions peuvent être de toute longueur et de toute forme :
poèmes, nouvelles, contes, et même paroles de chansons y trouvent tout à fait leur place! Un comité de lecture tournant est chargé chaque mois de sélectionner les textes qui seront publiés au
prochain numéro: originalité, engagement de soi et  qualité littéraire sont notre credo.
Saches que si tu es publiée, il te faudra signer un contrat pour protéger tes droits (que nous te fournirons), ainsi que nous fournir un portrait chinois du type de ceux que tu peux déjà voir sur
notre site internet, afin de mieux te faire connaître de nos lecteurs.


Si une publication dans notre revue t'intéresse, pourrais-tu m'envoyer un texte?
Je me ferai un plaisir de le lire et de le proposer à mes camarades de lettres...


 


En espérant avoir bientôt de tes nouvelles, et en restant à ta disposition pour
toute question à laquelle je n'aurais pas encore répondu,


 


Estelle


leffeuillee.auteurs@gmail.com



plume 12/03/2009 21:24

Hum, je m'y vois, bien le bonsoir à toi...

Mithrandir 05/06/2008 14:00

Ouah! Quelle univers c'est un plaisir en plus de découvrir une personne connaissant les exelents Kwoon, en tout cas bravo pour nous faire partager tes émotions lunaires, au plaisir.

phillio 11/03/2008 21:28

Voici le second commentaire que je laisse sur votre texte ennivrant. Ne cherchez pas le premier. Trop long à vous dire au mot juste le boulversement qui m'anime à sa lecture, les lettres se seront perdues dans le cyber monde, avalées; l'encensement de vos douceurs.Vous exprimiez alors cette richesse intrinsèque gravée en un univers grott'esque durant quatre années passées: le chaos originel, sublime matrice. Tout en délicatesse.Mes hommages C.Butterfly.

Camille Butterfly 16/03/2008 00:03

Merci sincèrement. Ces mots me touchent... Ils résonnent à mes oreilles comme des perles de pluie précieusement recueillies sur les pétales légères d'une fleur heureuse d'en nourrir son coeur. (^_^)